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Pourquoi l’assurance-médicaments?

Les syndicats du Canada sont fiers d’avoir pu obtenir une couverture d’assurance-maladie complémentaire à leurs membres. Mais nous croyons que toute personne titulaire d’une carte d’assurance-maladie devrait bénéficier d’une assurance couvrant les médicaments dont elle a besoin. C’est pourquoi les syndicats se mobilisent pour obtenir la mise en place d’un régime universel d’assurance-médicaments qui protège toute la population du Canada, peu importe le niveau de revenu, l’âge ou le lieu de travail ou de résidence.
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L’heure de l’assurance-médicaments publique pour tous est venue.

Le gouvernement s’est engagé à adopter la Loi canadienne sur l’assurance-médicaments d’ici la fin de 2023. Nous devons voir à ce que le gouvernement mette en œuvre toutes les recommandations du Conseil consultatif sur la mise en œuvre d’un régime national d’assurance-médicaments, qui était dirigé par l’ancien ministre de la Santé de l’Ontario Eric Hoskins.

Le rapport du Conseil consultatif, publié en juin 2019, indique clairement que le Canada a besoin d’un régime d’assurance-médicaments universel à payeur unique.

Le chaînon manquant de l’assurance-maladie publique

Actuellement, il n’y a qu’à l’hôpital que tous les Canadiens et Canadiennes ne paient pas leurs médicaments. Le gouvernement fédéral couvre le coût des médicaments sur ordonnance des membres des Forces armées et de la GRC, des anciens combattants et des Autochtones. 

Les provinces et les territoires ont tous des couvertures différentes. La plupart subventionnent le coût des médicaments des membres vulnérables de la population, tels que les personnes de plus de 65 ans et les bénéficiaires d’assistance sociale et de prestations d’invalidité. Bon nombre assurent une couverture de l’impact catastrophique du coût des médicaments aux personnes dont les frais de médicaments sont astronomiques. 

Près d’un ménage sur quatre a signalé qu’un de ses membres n’avait pas pris ses médicaments de la façon prescrite ou ne les avait pas pris du tout au cours des 12 derniers mois parce que cela coûtait trop cher. 

En chiffres

Immédiatement avant le début de la pandémie, quand le cout de la vie était plus bas, les gens avaient déjà du mal à payer leurs médicaments de prescription : 

  • Près d’un million de Canadiennes et Canadiens ont réduit leur consommation d’aliments ou chauffent moins leur habitation afin de pouvoir payer leurs médicaments; 
  • Près d’un million de Canadiennes et Canadiens ont dû emprunter de l’argent pour payer des médicaments de prescription. 

Le taux d’inflation étant beaucoup plus élevé actuellement, la moitié des Canadiennes et Canadiens vivant d’un chèque de paye à l’autre. La plupart des gens sont appelés à faire des choix impossibles entre subvenir à leurs besoins de base et payer les médicaments de prescription dont ils ont besoin pour vivre en santé ou gérer leur maladie.  

L’assurance-médicaments privée est liée à l’emploi. Moins vous gagnez au travail, moins vous êtes susceptible d’avoir une assurance sur les médicaments de prescription.  

Il n’est pas juste qu’en 2021, 1 sur 5 membres de la population, soit près de 8 millions de Canadiens et Canadiennes, n’ait pas d’assurance couvrant ses médicaments sur ordonnance. 

Les femmes, les jeunes travailleurs et travailleuses et les personnes racialisées, immigrantes et âgées sont moins susceptibles que les autres d’avoir la couverture qu’il leur faut. 

Même les personnes qui ont une assurance-médicaments paient des quotes-parts et des franchises qui augmentent sans cesse. 

La population canadienne dit « OUI » à l’assurance-médicaments

Une écrasante majorité—pouvant atteindre 91 %—des Canadiennes et Canadiens croient que notre système de santé public devrait englober un régime d’assurance-médicaments universel. 

Plusieurs commissions nationales sur les soins de santé ont recommandé l’établissement de ce régime, comme le font la Fédération canadienne des syndicats d’infirmières et d’infirmiers, Médecins canadiens pour l’assurance-maladie, la Fédération canadienne des municipalités, la Coalition canadienne de la santé, le Conseil des Canadiens et le Congrès du travail du Canada. 

Le gouvernement fédéral doit s’engager à mettre en œuvre un régime national universel d’assurance-médicaments à financement public et à administration publique couvrant tous les Canadiens et Canadiennes dans toutes les provinces et les territoires. 

L’assurance-médicaments se justifie sur le plan économique

Le Canada est le seul pays développé au monde muni d’un système de santé universel dépourvu d’un régime d’assurance-médicaments. Notre régime morcelé d’assurance-médicaments se révèle inefficace et coûteux. Les Canadiennes et Canadiens doivent composer avec de grosses différences de couverture et d’accès aux médicaments sur ordonnance. Beaucoup d’entre eux reçoivent des remboursements qui varient pour le même médicament.

Le système actuel ne profite pas à la population, mais l’industrie pharmaceutique et les compagnies d’assurance privées y gagnent beaucoup. Les compagnies pharmaceutiques peuvent augmenter les prix des médicaments en raison du grand nombre d’acheteurs. Les compagnies d’assurance privées y gagnent en facturant aux employeurs, aux syndicats et aux employés des frais pour la gestion des régimes privés d’assurance-médicaments.

Il est temps que le Canada rattrape son retard. Il est temps d’ajouter le fameux chaînon manquant au système canadien d’assurance-maladie : un régime d’assurance-médicaments universel qui permettra de réaliser des économies grâce à l’approvisionnement en gros.

En Nouvelle-Zélande, où une agence gouvernementale négocie l’approvisionnement pour tout le pays, une année de traitement au Lipitor, un médicament qui combat le cholestérol, ne coûte que 15 $, par rapport à 811 $ au Canada.

L’assurance-médicaments permettra au Canada d’économiser des milliards de dollars

Deux rapports récents indiquent qu’un régime universel d’assurance-médicaments permettra au Canada d’économiser des milliards de dollars. Dans le premier rapport, le Centre canadien de politiques alternatives et Médecins canadiens pour le régime public estiment qu’un régime d’assurance-médicaments permettrait aux gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, au secteur privé et aux particuliers canadiens de réaliser des économies de près de 11 milliards de dollars par année.

Un deuxième rapport plus conservateur publié par le directeur parlementaire du budget estime les économies à 4,2 milliards de dollars par année pour le seul gouvernement fédéral. Il s’est servi du modèle québécois – le plus cher au Canada – dans ses calculs et n’a pas tenu compte des économies réalisées par les provinces et territoires.

Le rapport final du Conseil consultatif sur le mise en œuvre d’un régime national d’assurance-médicaments, publié en juin 2019, fait écho aux conclusions des deux rapports susmentionnés, indiquant que l’instauration d’un régime universel d’assurance-médicaments à payeur unique permettra à la population canadienne de réaliser des économies considérables.

L’assurance-médicaments universelle est vitale pour la communauté LGBTABI

De nombreux membres des communautés LGBTABI se heurtent à l’homophobie et à la transphobie sur le marché du travail actuel, ce qui entraîne souvent un manque d’emplois valables offrant une couverture complète des médicaments.

Les personnes LGBTABI peuvent également souffrir de problèmes de santé plus graves que les personnes hétérosexuelles ou cisgenres. À cela s’ajoutent l’homophobie et la transphobie qui peuvent devenir un obstacle à l’obtention de soins de santé adéquats et nuire à la santé mentale.

Qu’il s’agisse du traitement de prévention du VIH (PrEP), d’hormones pour changer de sexe, de médicaments pour traiter l’anxiété et la dépression, de médicaments de santé reproductive et sexuelle ou pour la fertilité, pour le traitement du cancer, de l’asthme ou de toute autre condition, un trop grand nombre de personnes doivent payer de leur poche leurs médicaments, à condition d’y avoir accès. Les personnes qui ont des identités multiples et croisées sont confrontées à des défis encore plus grands.

L’accès aux soins de santé, y compris les médicaments, est un droit humain fondamental. Pour les membres de la communauté LGBTABI, cela veut donc dire qu’il faut obtenir un régime national universel d’assurance-médicaments dont nous pouvons être fiers.